Médecine intégrative ou santé globale!

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Médecine intégrative : santé globale!

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D’où vient le concept de la médecine intégrative ?

Apparu dans les années 1990 aux États-Unis, le concept de la Médecine Intégrative (MI) a surtout été exploré par les docteurs David Eisenberg et Andrew Weil. Née du constat de l’évolution des modes de vie, qu’il s’agisse de l’alimentation, de l’activité physique, de la gestion du stress ou du bien-être en général, la médecine intégrative est une nouvelle façon de concevoir les soins de santé. Dans cette nouvelle approche de la médecine, la relation entre le patient et son médecin devient très significative. Les milieux hospitaliers, tant au Canada qu’en France, s’y intéressent de plus en plus.

Le terme médecine intégrative est utilisé pour désigner le recours simultané à la médecine conventionnelle et aux médecines alternatives (non conventionnelles) dans le suivi d’un patient. Peu importe la méthode utilisée, ce qui compte est le résultat médical. On peut aussi la désigner sous le nom de médecine intégrée.

La médecine intégrative réunit plusieurs approches médicales complémentaires dans une situation clinique donnée. Elle doit combiner diverses pratiques thérapeutiques avec les aspirations du patient, en accord avec l’équipe médicale, et les praticiens paramédicaux.

Au Canada des programmes évaluent l’intérêt de cette intégration dans la politique de santé.

Conjuguer médecine conventionnelle, médecines alternatives et médecine(s) complémentaire(s)

L’un des principes de base de la médecine intégrative est de tirer profit des meilleurs soins offerts selon les approches conventionnelles et les approches complémentaires dans le but de parvenir le plus rapidement possible à la guérison du patient. La fédération des médecins-omnipraticiens du Québec l’a d’ailleurs défini ainsi : « Lorsque l’on parle de médecine intégrative,

On parle entre autres de combiner les meilleurs soins de la médecine scientifique occidentale à ceux des approches complémentaires dans le but de maintenir la santé et d’améliorer le bien-être. »

La médecine conventionnelle, aussi dite médecine occidentale, est l’approche médicale la plus répandue au monde. Selon ses principes, une personne est soignée soit par la médication, une thérapie ou une chirurgie. L’ensemble des traitements est basé sur des connaissances scientifiques validées et vérifiables. La médecine complémentaire, que l’on nomme aussi médecine non conventionnelle, traditionnelle, alternative, douce ou holistique, est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OSM) comme étant « la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. »2 Les médecines non conventionnelles sont nombreuses : acupuncture, aromathérapie, biofeedback, hypnothérapie, massothérapie, Qi Gong, shiatsu, yoga, etc.

Ainsi, l’approche médicale intégrative permet d’unir différentes formes de thérapies issues autant de la médecine conventionnelle qu’alternative afin de prodiguer les meilleurs soins au patient.

Concept basé sur des faits scientifiquement prouvés

Bien que la médecine intégrative inclue les principes de la médecine non conventionnelle, elle n’a recours qu’aux approches dont les effets ont été scientifiquement vérifiés. Le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) indique que la médecine intégrative est une combinaison entre les thérapies issues de la médecine conventionnelle et celles issues de la médecine alternative et complémentaire, pour lesquelles il existe des données scientifiques de haute qualité quant à la sécurité et à l’efficacité des traitements.

Comme le souligne Thierry Janssen, Docteur en médecine, chirurgien et psychothérapeute, dans un article paru en 2006, de plus en plus, les médecines complémentaires font l’objet d’études au sein des chaires universitaires de recherches. « Ainsi, par exemple, à l’université Harvard, l’observation des effets de l’acupuncture sur le cerveau a montré que la stimulation d’un point précis provoque une activation neuronale dans une zone cérébrale dont la spécificité est en rapport avec les effets prévus par la théorie chinoise. Il existerait donc des liens cérébrocorporels en dehors des voies neurologiques classiques. »1 Les chercheurs se penchent cependant sur de nouvelles méthodes de recherche, car les techniques conventionnelles ne sont pas toujours appropriées dans l’analyse des médecines complémentaires. À cet effet, Larry Willms, professeur clinicien agrégé à la Division des sciences cliniques à la Faculté de médecine du Nord de l’Ontario, mentionne que dans la majorité des cas, les patients souffrant d’un même trouble seront traités différemment dans le cadre d’une approche alternative. Ainsi, « les soins individualisés se prêtent mal à une étude scientifique conventionnelle. »2

Au Canada et aux États-Unis, plus de 35 universités se sont regroupées au sein du  Consortium of Academic Health Centers for Integrative Medicine (le consortium des centres académiques de santé en médecine intégrative, notamment la Harvard Medical School, l’université de Calgary et l’université de Stanford. Toutes ces institutions se sont engagées à revoir leur programme d’enseignement de la médecine afin d’y intégrer les approches complémentaires dont les bienfaits ont été prouvés.

Une approche focalisée sur le patient

La médecine intégrative s’articule autour de différents grands axes qui ont tous le même point commun : le patient. La relation entretenue entre le patient et son médecin prend une importance particulière et elle repose sur un climat de confiance. Le Dr Willms mentionne dans son article que, tout comme la médecine familiale, la médecine intégrative propose un modèle centré sur le patient où la contribution du médecin prend néanmoins davantage d’importance. Ce concept incite le personnel soignant à mieux cerner son propre état de santé afin de mieux guider ses patients.

Dans une démarche médicale intégrative, le médecin tâchera de récolter le maximum d’informations sur son patient afin de le diriger vers les soins qui lui sont le plus adaptés. Une multitude de variables doivent être prises en compte afin d’assurer la guérison et le bien-être de la personne. Toutes les facettes du style de vie sont considérées : alimentation, activité physique, stress, sommeil, climat de travail, etc. car elles peuvent faire partie intégrante d’un trouble de santé. La médecine intégrative analyse tous les facteurs qui peuvent influencer l’état de santé d’une personne afin de permettre une adaptation du style de vie et de parvenir à sa guérison et à son bien-être.

La médecine intégrative est une approche personnalisée. Chacun des patients souffrant d’un même problème sera soigné d’une manière différente selon les traitements qui lui conviennent le mieux. Un travail de collaboration médicale est fortement prôné dans une démarche intégrative de la médecine. Une équipe interdisciplinaire pourra être mise en place autour du patient afin de lui apporter tous les soins nécessaires, qu’ils soient issus de la médecine occidentale ou complémentaire.

JANSSEN, Thierry. 2006. «Pour une médecine intégrée».

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Banner logo La notion de MCA

Il existe dans le monde un grand nombre de systèmes médicaux, auxquels l’allopathie (qui est elle-même un système médical particulier parmi d’autres) se réfère sous le vocable de médecines complémentaires et alternatives ou MCA qui est la terminologie retenue par les autorités européennes. Tandis que les autorités nord-américaines parlent de Complementary and Alternative Medicine ou CAM.

Il existe d’autres termes pour désigner les MCA : médecines doucesmédecines non traditionnelles et médecines parallèles (National Centre of Complementary and Alternative Medicine - NCCAM, 2003). Le qualificatif « non-traditionnelle » doit être évité, car il peut prêter à confusion, notamment pour la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

Un système médical se définit par son contexte culturel, sa philosophie, ses règles diagnostiques et sa thérapeutique.

Exemple de MCA : médecine traditionnelle chinoise (MTC), homéopathiemédecine ayurvédiqueostéopathie

Contre exemple : La phytothérapie n’est pas un système médical, mais une thérapeutique déclinée dans différents systèmes médicaux (par exemple la MTC, comme d’ailleurs la plupart des systèmes médicaux de la planète, comporte un volet phytothérapeutique). De même, la chirurgien’est pas non plus un système médical, mais une technique médicale.

Débat

Un débat a lieu sur l’usage du terme « médecine intégrative » dans le sens où « intégrative » est un anglicisme. Pour les défenseurs du terme, il paraît possible, judicieux et même souhaitable de l’introduire en français comme un néologisme, c’est-à-dire comme élément lexicographique non encore lexicalisé, mais parfaitement lexicalisable, pour deux raisons :

  • il serait en harmonie avec la langue française ;
  • il semblerait approprié, faute d’un équivalent plus convaincant en français : « intégrée » est trop statique et définitif (mais il est quand même employé), « intégrationnelle » trop ronflant (en dehors du fait que c’est aussi un néologisme), « intégrante » plutôt obscur. L’adjectif « intégrative » suggèrant quant à lui un processus plutôt qu’un état.
  • Bibliographie - Médecine intégrative et recherche systémique sur les effets thérapeutiques : Enjeux de l’émergence d’un nouveau modèle pour les soins primaires (Iris R. Bell et coll. Arch. Intern. Medicine /Vol. 162, Jan 28, 2002 American Medical Association, pp.133-140, la « bible » des internistes)
  • Complementary and Alternative Medicine: Current State in Oncology Care; David S. Rosenthal, MD, and Elizabeth Dean-Clower, MD, MPH; 2006 Educational Book; American Society of Clinical Oncology.
  • Complementary and Integrative Medicine in Cancer Care and Prevention; Marc S. Micozzi; Springer Publishing; 2006; (ISBN 0826103057)
  • The Practice of Intergrative Medicine; Michael H. Cohen, Mary Ruggie, Marc S. Micozzi; Springer Publishing; 2006; (ISBN 0826103073)
  • Complementary medicine in clinical practice : integrative practice in American healthcare; David Rakel et Nancy Faass; Sudbury : Jones and Bartlett, 2006; (ISBN 9780763730659)
  • Legal Issues in Integrative Medicine- a guide for clinicians, hospitals, and patients; Michael H. Cohen; NAF Publications; 2005;(ISBN 0976253704)

Liste des médecines non conventionnelles

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